Crise du covid: quel impact pour les architectes?

92,4% des architectes wallons sont impactés par la crise. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par l’Union wallonne des architectes réalisées pendant la période du confinement. Le coronavirus a provoqué une diminution de l’activité: arrêt de chantiers, projets gelés, etc…

Architecte qui trace sur dessin

Le coronavirus, une tuile dont les architectes se seraient bien passés! C’est du moins ce qu’avance une écrasante majorité des 365 architectes qui ont répondu à une enquête de l’Union wallonne des architectes. Tous sont indépendants, 45% d’entre eux travaillent seuls, 38% exercent leur profession dans des bureaux de deux à cinq personnes. 

Une activité ralentie !

Avec le confinement, les chantiers étaient au mieux ralenti au pire arrêter. Les mesures sanitaires rendaient difficiles le contrôle des chantiers. Quant aux  suivis des dossiers par les administrations communales, cela a souvent coincé pointe l’enquête de l’UWA. Barbara Moniotte, architecte à Saint-Marc (Namur) le confirme: « J’avais trois chantiers qui étaient en cours et trois avant-projets.Je n’ai pas pu avancer sur ces derniers. Je n’ai pas de nouvel du service urbanisme d’une commune qui répond aux abonnés absents. J’ai pris deux mois de retard sur la réalisation des chantiers, sur le suivi. Maintenant, des entrepreneurs m’ont dit qu’ils ne prendraient pas leur congé du bâtiment en juillet. Ce qui me permettrait de résorber un peu le retard! ».

Autre architecte contacté: Rémy Mouligneau. Il travaille dans un espace co-working du centre-ville à Namur avec dix autres confrères: « Pour la plupart d’entre eux, il n’y a pas eu de nouveaux clients! J’ai eu des craintes que des projets tombent à l’eau. Mais cela ne s’est pas avéré au final. Au contraire, j’ai des clients privés qui ont profité du confinement pour repenser leur projet. Aujourd’hui, pour moi, les choses reprennent bien ». 

On lui doit le chantier des Moulins de Beez, le port du Bon dieu ou encore celui en cours de la maison parlementaire, « L’atelier de l’Arbre d’Or » est un bureau d’architecte qui comprend 13 travailleurs sur son implantation namuroise. « Avec la crise, on va perdre un mois de chiffre d’affaire. Ce n’est pas neutre mais contrairement au secteur culturel ou à  l’horeca, on a de la chance! » nous signale Jean-Pierre Wargnies, un des administrateurs. 

Quelques craintes à terme

La crise sanitaire affecte la santé économique de notre pays. Cette situation aura sans nul doute des répercussions sur le secteur. Les architectes que nous avons contactés sont surtout inquiets par rapport aux clients publics. « Je crains que des marchés publics auxquels j’ai répondu ne se concrétisent pas à cause de finances communales affaiblies » s’inquiète Rémy Mouligneau. L’architecte namurois cite par exemple deux projets du côté de La Bruyère à savoir celui d’un nouvel  hall sportif (remis il y a un an) et celui de l’extension de l’école d’Emines dont le délai de remise des œuvres a été postposé à cause de la crise. 

Inquiétude plus surprenante: « Nous travaillons surtout sur des gros projets publics comme la construction d’immeubles de bureaux. Je n’ai pas de crainte au niveau de l’immobilier car c’est toujours une valeur refuge. Mais avec cette crise, le phénomène du télétravail risque de prendre de l’ampleur! » Et alors? « Qui dit télétravail, dit moins de superficie nécessaire dans les bâtiments! » Un gain de place, synonyme d’un retour financier moindre pour les architectes. 

Eclaircie dans la grisaille

Si le confinement a créé des désagréments, il a parfois apporté des avantages. « J’ai quelques anciens clients qui m’ont recontactée »  nous glisse Barbara Moniotte,  « vu les circonstances, ils voulaient que je leur aménage un espace bien-être ». Quant à Jean-Pierre Wargnies de l’atelier l’Arbre d’Or, il nous avoue que son entreprise travaille moins à flux tendu grâce au ralentissement de l’activité.

Une activité qu’il faudra absolument relancée plaide l’Union wallonne des architectes. L’union appelle les politiques « à mettre en place un système de relance économique en adéquation avec les besoins du secteur ». Autant dire, un fameux chantier! 

 

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