Budget provincial : une année atypique et charnière!

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Parfois, l’exercice budgétaire d’une institution peut être une routine au fil des années voire un copier-coller des années précédentes. Mais cette année, le collège provincial namurois a dû longuement cogiter pour concocter le budget  2021. En cause, la mise en place d’une réforme pour assumer le financement partiel des zones de secours. Ajouter à cela une crise sanitaire, et cela a sans doute causé l’apparition de cheveux blancs sur les boîtes crâniennes des députés! Au total, la majorité a dû chercher 10 millions d’économie. 

Palais de Namur

Les Provinces sont à un moment charnière de leur histoire. La Wallonie leur impose de prendre en charge d’ici 2024, 60% des contributions communales aux financements des zones de secours! Une prise en charge progressive qui pèsera pour la Province de Namur déjà 10 millions d’euros au budget 2021. Un « bon petit » morceau à digérer dans le gâteau budgétaire qui pèse 155 millions d’euros! Conséquence: la Province a annoncé une réforme le 11 septembre dernier qui a suscité l’inquiétude d’agents provinciaux. Cette réforme se traduira dans son prochain budget. 

Un ordinaire, pas vraiment ordinaire! 

La réforme annoncée le 11 septembre dernier pour pouvoir assumer le financement des zones de secours a des implications budgétaires à l’ordinaire. 

Les dépenses de personnel diminueront pour la première fois de 600.000 euros.  Cette diminution s’explique par les premiers effets des mesures de la réforme de la Province à savoir la fin de 13 activités provinciales ( tourisme, relations internationales, télépronam, …) au premier janvier 2021 à l’exception de l’imprimerie provinciale qui disparaîtra plus tard.

Dans sa réforme, la majorité a annoncé qu’il n’y aura pas de licenciement du personnel. Elle affirme pourvoir « recasser » les 78 personnes dont le service sera supprimé. Mais par contre, elle mènera une politique de non-remplacement des départs naturels: « Rien qu’en 2021, on prévoit 25 à 30 départs à la retraite » estime Richard Fournaux, député provincial en charge du personnel. Cette politique de non-remplacement sera donc source d’économie dès l’année prochaine. À l’horizon 2024, il  y aura 20% d’effectif en moins. 

Octroi de subsides: certains sont soulagés, d’autres pleurent! 

Autre poste important dans le budget provincial: les dépenses de transfert affichent une baisse significative. On passe de 13 millions à 9.8 millions. C’est là aussi un effet de la réforme de la province qui prévoit la diminution de subsides vers le monde associatif. Geneviève Lazaron est revenue sur les critiques quant aux coupes vers les associations décidées sans concertation: « consulter aurait semé la zizanie entre elles. On a pris nos responsabilités! »

Si des partenaires de la Province se voient affectés, d’autres par contre comme les centres culturels, le GAL ou les contrats rivières sont rassurés. Ils font partie des quatre métiers prioritaires de l’institution provinciale namuroise. C’est le cas de l’enseignement, la culture , le vivre-mieux et la transition territoriale. Là, les moyens sont maintenus et dans certains cas augmentés!  

« La MAP, source d’économie! »

Le 30 juin 2021 au plus tard,   la plupart des services provinciaux éparpillés dans de nombreux bâtiments  se rassembleront dans une nouvelle maison administrative de 10.000 m2 à Salzinnes (la MAP).  Selon le député-président Jean-Marc Van Espen , « la MAP permettra de faire des économies notamment en frais de chauffage, en frais de nettoyage (moins de mètres carré), … » Pour Alexandre Amaury, député (Défi) , « la MAP pourrait amener jusqu’à 500.000 euros net d’économie en frais de fonctionnement dès 2022 ».  

En matière de dépenses de fonctionnement, signalons également:  la réduction des activités de l’imprimerie provinciale ( – 100.000€) la réduction du service communication (- 200.000€); la suppression ou réduction des aides en faveur des communes (- 245.000€);  l’annulation des crédits de la politique étrangère, du tourisme, des métiers  d’Art,…  

Les investissements principalement pour l’enseignement. 

En 2021, le collège a prévu 40,8 millions d’euros pour les investissements principalement pour l’enseignement. Deux exemples:   la pose de panneaux photovoltaïques au Campus provincial (250.000€),  les travaux en faveur du Bac-Agro à Ciney (7,2 millions d’€). Epinglons dans d’autres domaines:  la rénovation et l’extension du Musée des Arts anciens (2,5 millions d’€) et la maintenance et stabilisation de la Cathédrale Saint-Aubain (4,2 millions  d’€),  

Responsabilité et cohérence! Ce sont les mots de la majorité Mr-cdH-Défi pour qualifier ce projet de budget 2021. Pas certain que l’opposition aie la même analyse. Elle aura l’occasion de s’exprimer demain lors d’un conseil provincial. Un conseil malheureusement toujours en virtuel, ce qui ne facilite pas le débat! 

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