Andenne : le coronavirus affaiblit le budget communal !

Les finances andennaises affectées par le coronavirus ! La commune a dû engager des dépenses pour protéger sa population tout en décidant de laisser tomber des taxes pour soutenir les commerçants. Résultat : il manquerait un million et demi au budget 2020 ! « Et ce ne sont là que les conséquences à court terme sur les deniers andennais » prévient Claude Eerdekens, le bourgmestre d’Andenne. 

Vue extérieur hotel de ville Andenne

« A cause du coronavirus, nous avons des dépenses en plus et des recettes en moins ! ». Pas besoin d’être un spécialiste mondial de la finance pour comprendre les inquiétudes de Claude Eerderkens. Ce maudit virus dégrade l’état de santé budgétaire de la commune.

Le budget du CPAS durement touché

Claude Eerdekens nous livre des exemples à la pelle. Les premiers concernent le CPAS : « C‘est une catastrophe à court terme car cette crise précarise socialement beaucoup de personnes. Les dépenses sociales explosent !« . Autre donne: le manque de recettes provenant de la maison de repos et de soins du CPAS. L’argument peut paraître cynique mais illustre néanmoins une difficulté que subit le budget du Centre public d’action sociale :  » Il y a eu une dizaine de morts du covid au sein de la maison de repos et de soins « la Quiétude ». Aujourd’hui, avec cette crise, il n’y a plus que 118 pensionnaires sur 140. Une vingtaine de places inoccupées, cela peut représenter selon moi un demi-million d’euros en moins pour les caisses du CPAS ! ».

Le coût du soutien à la population

Cette crise a amené la ville d’Andenne à engager des dépenses imprévisibles lors de la confection du budget 2020. Pour protéger sa population, ce sont plus de 140.000 euros  qui sont sortis des caisses communales. Andenne a acheté, entre autres,  25.000 masques (coût : 67.000 euros), de la fourniture pour fabriquer 10.000 masques (coût : 20.000 euros), du gel hydroalcoolique pour ses écoles (coût : 2.600 euros), etc. Au total, ce sont plus de 145.000 euros  qui ont été engagés par la commune. Signalons que la Wallonie apportera son aide. Un tiers de ce montant.

Pour soutenir l’Horeca local ou encore les commerçants, la ville d’Andenne a décidé d’abandonner certaines taxes : « Nous avons abandonné la taxe sur les enseignes ! Cela représente un cadeau fiscal de 30.000 euros. Au conseil communal du 18 mai, nous allons abandonner la taxe sur les terrasses pour soutenir les cafés et restaurants. Perte pour la commune, 30.000 euros ! »  nous annonce le Premier Andennais. Ces montants semblent dérisoires par rapport aux 35 millions d’euros que pèse le budget andennais. Mais le problème, c’est que ces montants s’accumulent ici et là !

Stationnements gratuits : la commune n’est pas concernée

Dans la cité des oursons, les horodateurs sont mis en quarantaine pour cause de coronavirus ! Un manque à gagner pour la commune ? « Non car, contrairement à d’autres villes, comme Namur, la ville d’Andenne ne touche pas les recettes du stationnement payant ! «  Pourquoi ? « Parce que c’est une société privée qui les gère. Il n’y a donc pas de manque à gagner de ce côté-là. » Rappelons qu’à cause (ou grâce au coronavirus diront certains automobilistes), les horodateurs sont au repos jusqu’au premier juin !

Pas de pot pour les impôts

Autre tuile provoqué par la crise sanitaire : les budgets communaux risquent de souffrir d’un apport moindre de l’impôt. Les communes peuvent compter sur une partie de l’impôt fédéral qui leur est octroyé (les additionnels). Le débit de cette source sera moins important à cause du covid-19 ! Claude Eerdekens : « Avec la crise économique qui nous attend, le revenu de nombreux citoyens va diminuer. Conséquence : les pouvoirs publics, dont les communes, toucheront moins d’argent via l’impôt ! »Autre inquiétude mayorale :  » Cette crise provoque des retards d’enrôlement. Ce frein dans les rentrées risque de peser lourdement sur notre budget 2020. Il y aura un manque à gagner qui pèsera très lourd sur le compte final du budget de cette année. Si on avait prévu 14 millions de recettes et qu’on n’en a que 13, c’est extrêmement embarrassant. D’après mes calculs, il manquera globalement un million et demi d’euros compte tenu des dépenses en plus et des recettes en moins. »

Un horizon morose

Cette épidémie touche tout le monde à tous les étages. Elle provoque un appauvrissement généralisé ! Indépendants, salariés, entreprises, pouvoirs publics, etc. Une crise globale! « Les communes seront en difficulté » déplore Claude Eerdekens, « mais le problème dans la situation que nous traversons, c’est que les autres niveaux de pouvoir ne pourront pas venir à l’aide des communes!  Tout comme nous, ils sont et seront en mauvaise santé financière! »

Pour Claude Eerdekens, la crise que nous traversons doit servir de rampe de lancement vers le changement: « Le monde après le coronavirus doit changer ! Revoyons par exemple notre modèle touristique. Les city trips pour 50 euros, ce n’est plus possible ! Allons vers une économie de proximité. ».

 

 

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