Laurence Bibot, l’impertinente distinguée


Ce samedi 16 février, la comédienne, Laurence Bibot, la reine du stand-up et de la gestuelle, était de passage au Centre Culturel d’Andenne pour son spectacle « Distinguée ». Et c’était… décapant !

©Axel Tihon

Laurence Bibot sur l’air de Rage Against The Machine – Killing In the Name ©Axel Tihon

Centre Culturel d’Andenne, les lumières s’éteignent, des notes retentissent. Des notes mythiques. Celles de « Killing in the name » du groupe Rage Against The Machine. Air-guitare, air batterie, play-back, chorégraphie et déhanché brutal,… Fin du morceau, essoufflée, « Je suis vieille ». Dès les premières secondes de « Distinguée », le ton est donné. Ça y est, Laurence Bibot est de retour avec un second spectacle de stand-up, après le succès de « Debout ».

Pendant plus d’une heure et demi il y a des figures de gymnastes olympiques, une passion pour les forums en ligne, des funérailles tristes, (Très tristes. Oui, si elle décède, elle n’attend pas grand chose de nous. Seulement que nous soyons tous dévastés par le chagrin, que la douleur se lise sur nos visages et qu’on ne se demande pas si « ça va ?« , « ben non, ça ne va pas, elle est morte« ), des détails de l’intimité de son couple et de sa vie famille (« Ah mais oui, vous êtes la mère de Romeo Elvis et Angèle ? » « Fermez-la ! »).

Mais aussi de sa carrière (de Miss Bricola à son rôle de mère de Guillermo Guiz dans Le Roi de la Vanne) et de sa relation avec son agent tout en se penchant sur sa collection d’affiches d’animaux domestiques perdus dont le chat nommé Cheval. Tout ça sur fond d’audace, de mimiques incroyables et de son franc-parler. Elle mime aussi ! Et avec talent. Comme la défécation de son mari sur le trône qui l’interpelle pour savoir à quelle heure elle rentre.

Affiche du spectacle "Distinguée"

Affiche du spectacle « Distinguée »

Pour cette deuxième performance solo, Laurence Bibot est « Distinguée »… ou pas ! À travers un tourbillon de personnages, elle emporte le public dans une expérience tout aussi intimiste qu’hilarante. Avec ce style bien à elle, mélange déconcertant de chic et de choc, Bibot allie le bon et le mauvais gout. À travers ses rencontres, elle nous emmène dans son univers décalé où vendeuse bio, «forumeurs» internet  et psys de Lasne se croisent de manière inattendue et désopilante.

©TTO

©TTO

« On a toujours peur de vieillir, mais j’en tire mon parti. Mes enfants sont une grande source d’inspiration pour moi. A leur contact, j’explore de nouvelles façons de pratiquer mon métier », explique Laurence Bibot, avant de poursuivre : « Et puis, traiter de sécheresse vaginale, ce n’est certainement pas un sujet que je vais me faire piquer par les frères Taloche. J’aime parler des femmes et de la féminité, mais pas sous l’œil conservateur de la bienséance ! Choquer dans la bonne humeur, montrer une autre vision des choses, voilà ce qui m’anime dans le stand-up dépouillé que je pratique aujourd’hui. Parfois, je me dis qu’en tant que femme, le fait de monter seule sur scène est déjà en quelque sorte un acte féministe… et cela me plait ! »

En fin de one-woman-show, Laurence parle de ses défunts parents. Un père dans la finance et une mère au foyer. Une mère qui faisait mine de quitter la maison en lingerie et godillots pour égayer sa fille. Une mère à qui le spectacle entier de sa fille est dédié. Du haut de son mètre 78, on retrouve la petite Laurence, qui se livre comme jamais.

Mieux que des mots, une bande annonce réalisée à l’époque de la programmation du spectacle au Théâtre de la Toison d’Or.

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