La vaccination contre la papillomavirus protège contre les pré-stades de cancer du col de l’utérus

Les filles et les jeunes femmes (âgées de 15 à 26 ans) vaccinées contre le papillomavirus humain (HPV) avant d’être sexuellement actives présentent un risque plus faible de développer des pré-stades de cancer du col de l’utérus.

C’est la conclusion à laquelle sont parvenus des chercheurs de Sciensano (l’institut belge de santé) et de Cochrane dans une récente étude sur les effets de la vaccination contre le HPV, virus responsable du cancer du col de l’utérus. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont compilé les résultats de 26 études cliniques. Ces études étaient menées sur une période allant de 6 mois à 8 ans. Après la compilation, ils les ont soumis à une analyse approfondie. L’étude a été publiée dans la base de données Cochrane, une référence mondiale pour l’évaluation de l’efficacité des interventions médicales.

Vaccins

Vaccins

L’étude démontre que les filles et les jeunes femmes (15-26) non infectées par le HPV au moment de leur vaccination sont très bien protégées contre les types de HPV contenus dans le vaccin et contre les pré-stades de cancer du col de l’utérus qui y sont associés. Le Dr Marc Arbyn, coauteur de l’article et chercheur au Centre du Cancer du Sciensano explique : « En général, on observe que l’effet protecteur décroît au fur et à mesure que l’âge de la vaccination augmente, car les femmes ont alors plus de chances d’avoir déjà été exposées au virus. Or, le vaccin contre le HPV a un effet préventif et ne protège pas une fois le virus déjà présent. »

« Les résultats de notre étude nous encouragent à poursuivre dans cette direction »

Des programmes de vaccination contre le HPV sont organisés depuis plusieurs années par les Communautés dans notre pays. « Les résultats de notre étude nous encouragent à poursuivre dans cette direction », poursuit le Dr Arbyn. « Toutefois, s’il est désormais clair que le vaccin protège contre le développement de pré-stades de cancer du col de l’utérus, nous devons maintenant voir si l’effet se reflète à long terme sur le nombre de nouveaux cancers du col de l’utérus. Il est donc essentiel que la Belgique emboîte le pas à d’autres pays comme l’Écosse, l’Angleterre, la Suède et l’Australie et mette en place un programme de suivi afin d’étudier les effets de la vaccination contre le HPV à plus long terme. »

L’organisation d’un suivi permet, en outre, un contrôle efficace des effets secondaires éventuels. « Les études cliniques que nous avons analysées mettaient en avant autant d’effets secondaires graves chez les femmes effectivement vaccinées que chez celles ayant reçu un produit dit de “contrôle”. L’Organisation mondiale de la Santé considère les vaccins contre le HPV comme sûrs », déclare le Dr Arbyn. « Malgré tout, il est nécessaire de surveiller la sécurité du vaccin à plus long terme afin de pouvoir détecter toute augmentation éventuelle de pathologies rares. »

Le papillomavirus humain et le cancer du col de l’utérus

Le papillomavirus humain est un virus sexuellement transmissible commun chez les jeunes personnes. Si habituellement, le système immunitaire se charge de le combattre, lorsque les types à haut risque persistent, ils peuvent provoquer le développement de cellules anormales, appelées « pré-stades ». Certains pré-stades peuvent évoluer vers un cancer du col de l’utérus après plusieurs années, d’autres pas. Difficile à prédire.

Plusieurs types de HPV à haut risque sont susceptibles de causer des lésions et un cancer du col de l’utérus. Les types HPV16et 18 sont le plus souvent en cause : ils sont responsables d’environ 70 % des cancers du col de l’utérus dans le monde. La vaccination préventive par injection de particules d’HPV dans le muscle déclenche la production d’anticorps qui protègent contre de futures infections.

En 2015, 634 femmes ont été touchées par un cancer du col de l’utérus (source : Registre belge du cancer).

Registre belge du cancer

©Registre belge du cancer

 

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